jeudi 19 juin
Ma candidature à la FNAC
mardi 17 juin
Comment survivre dans une architecture cubique ?

En ajoutant des supports arrondis munis de trous, et insérables aux angles des murs. Dans ces trous, on pourra fixer des meubles ou des objets adaptés, au bout desquels on aura pris soin de fixer des broches pouvant rentrer dans ces mêmes trous. L'avenir de l'architecture urbaine (dont le problème majeur est la compacité de l'espace vital) passera t-elle par les arrondis muni de trou ?
LE FUTUR A BESOIN DE RONDEURS ARCHITECTURALES
lundi 02 juin
le nouveau t-shirt signé RUFF

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lundi 19 mai
25 000 000
Depuis l'année 2002, le sida est considéré comme une pandémie globale. Les dernières estimations fournies par le rapport Onusida 2007 portent à :
- 33,2 millions, le nombre de personnes séropositives dans le monde.
- 2,5 millions, le nombre de personnes nouvellement séropositives en 2007.
- 2,1 millions, le nombre de personnes mortes du sida en 2007.
Ce qui permet d'estimer à plus de 25 millions le nombre de morts depuis le début de la maladie en 1981.
(source wikipédia)
samedi 17 mai
Aphorisme printanier
Ya pas que des imbéciles chez les cathos, ni chez les musulmans d'ailleurs
Sinon on s'rait vraiment dans la merde.
taux d'alcoolémie constaté : 0,02 g/l
jeudi 24 avril
Une heure à tuer
Lentement, le tramway s'arrête station Camembert. Dans une heure j'ai mon rendez-vous. Que vais-je bien pouvoir faire en attendant ? Je décide de marcher un peu dans les rues marchandes du centre ville où les vitrines vomissent une à une leur effet de séduction surannée pour les ploucs programmés par les émissions débiles que la télévision déversent dans leur esprit obturé par les substances chimiques favorisant le sommeil. Subrepticement, une odeur de kebap traverse mes narines; pas de chance j'ai décidé de manger moins gras. Faut dire que la qualité de la volaille est en baisse depuis que la concentration des gallinacés comestibles due à l'élevage intensif produit des réactions virales en chaîne. D'ailleurs l'autre jour, j'ai croisé le regard d'un pauvre type qui rigolait tout seul de ses vannes sur la prostitution.
Plus loin, une carte du monde à 6, 50€ pend mollement à un mur moquetté du plus mauvais goût. Un Post-it indique que le stock est momentanément en rupture. Dommage, c'est exactement la carte que je rêve d'accrocher dans mon salon, au-dessus de la radio. Il faudra donc attendre.
Maintenant mon rythme de marche se régularise au gré du passage des piétons. Parfois j'effleure des jeunes banlieusards, le regard sombre et la démarche souple. Certains écoutent des morceaux de musique importés de l'ouest américain ; ça me fait penser que ce matin j'ai vérifié la définition de l'adjectif "indigent" et que, dans un sens métaphorique, on pouvait l'adapter à une musique indigente, autrement dit, pauvre dans ses formes. J'ai soudain l'impression très agréable d'être un vieux con débarrassé de ce réflexe compulsif consistant à s'abreuver de rythmes anglo-saxons lourdingues.
Arrivé au bar de la dernière chance, une enclave dans la cité pour les célibataires et les couples mettant à l'épreuve leur relation, je reconnais Archimboldo le mégalo, sauveur du monde et de l'intelligentsia autoformée au son des poubelles du gâchis alimentaire. Entretemps j'ai croisé Ulk, le terroriste aveugle à qui j'ai donné la pièce. Son expression m'a tellement pénétré que j'ai fait demi-tour pour lui donner. Ainsi, d'après le raisonnement simpliste d'Archimboldo, mon geste ne serait que le mouvement mimétique d'une culture chrétienne obsolète. Aussitôt, notre discussion se désagrège au milieu de mes explications pour lui prouver qu'en rien ma pitié n'avait reprit un quelconque modèle comportemental qu'une supposée autorité cléricale subliminale aurait peut-être introduite dans mon quotidien. J'ajoute que je ne comprends pas comment il peut affirmer qu'il s'en fout de voir un pauvre type agoniser en plein jour. Embarrassé par cet état de confusion dans notre échange je quitte précipitamment ce lieu et me rends d'un pas allègre vers une autre architecture, extérieure cette fois, et dont le rôle consiste à permettre aux gens normalement constitués de prendre place dans cette machine contemporaine nommée tramway.
Voilà comment ce jour-là je parvins à tuer une heure sans difficulté d'aucune sorte, exceptées celles expliquées ci-dessus.
vendredi 18 avril
.

vendredi 21 mars
Plus rien à écrire sur internet ?

Je p
ense que je
n'ai pl
us rien à
éc
rire sur Int
ern
et
TIME TO GO DEEPER IN A SECRET PLACE
Il y a plein de gens formidables qui font des choses intéressantes
plein de gens décevants qui font des choses admirables
plein de gens supers qui ne font rien d'extraordinaire
plein de gens atroces qui font des trucs géniaux
plein de gens atroces qui font des trucs nuls ou médiocres
plein de gens médiocres qui font des choses médiocres
plein de gens assez bon qui font des trucs assez bon
plein de gens insignifiants qui ne font rien de spécial
plein de gens qui vivent comme des morts-vivants
plein de gens qui s'ennuient à perdre leur temps en choses
soit-disant essentielles
plein de gens qui croient qu'ils sont fondamentalement très importants
plein de gens importants mais nuls
plein de gens que je regrette d'avoir connu parce qu'ils étaient ennuyeux
et que je croyais être importants à connaitre pour devenir un type important
jeudi 20 mars
un certain art contemporain / chap. 1
Voici un jeu amusant : partir à la pêche aux absurdités qu'un certain art contemporain produit. Voici un petit échantillon :
"L’invention créative ne saurait échapper aux jeux stratégiques des acteurs sociaux"
"La multitude de liens temporaires ou récurrents tissés à l’occasion d’entreprises diverses rend le système plus complexe"
"On pourra aussi s’interroger sur la transformation de la perception du monde par la production artistique"
"Bien sûr cette exposition ne prétend pas donner les réponses à ces questions cruciales"
"Les matériaux naturels et le vivant sont mis à l’honneur"
"Apporter une nouvelle dynamique à ses missions et de favoriser la rencontre entre le monde de l’art et celui de l’entreprise"
"Associer le dynamisme du monde de l’entreprise et celui de la création contemporaine"
"A l'attention du public adulte, une brochure de présentation de l'exposition en cours est disponible"
"Chaque artiste a su conjuguer sa propre démarche plastique avec le lieu environnant"
lundi 17 mars
Qu'on le veuille ou non, la politique nous occupe



"Aujourd'hui, l'opposition n'a jamais été aussi forte et continuera à l'être", tels sont les propos d'un jeune strasbourgeois, 25 ans, mêche au vent, le regard tendu vers l'avenir. Une larme a bien failli couler tellement il était triste que l'UMP perde. Le pauvre malheureux, choqué par tant d'insouciance de la part d'un peuple de gueux ignorants. Après, c'est l'autre qui déboule sur l'écran, le chargé de communication de Nicolas 1er. Question costume, cette année, c'est fort. Pierre Cardin doit se remuer dans sa tombe (pas certain qu'il soit mort, mais pas loin). On dirait qu'ils sont abonnés au même couturier, qu'ils ont un prix de groupe pour le costard noir et blanc. Peut-être que le soir, ils bossent comme serveur au restaurant de la Tour Eiffel.
Donc, nous vivons dans l'opposition austère et impitoyable de deux familles politiques radicalement antagonistes depuis des lustres.
"Choisis ton camp ! Patriotes ! Nationalistes ! Facho ! Coco ! Démago ! Macro ! Homo ! Lève-toi citoyen, va voter pour ton de camp et attendre que la petite souris passe te récompenser pour ta patience et ta fidélité au parti. Aaahhhh ! Le PARTI !, HOURRA ! Va jeter ton pauvre bout de papier avec la photo dessus du pingouin et dis merci au monsieur qui appuie sur le bouton. Après faut attendre. Compter environ deux ans pour que le système commence à être repenser en mieux. Mais pour les vrais informations faut quand même aller fouiner sur Internet parce que c'est comme ça : être un bon citoyen, c'est chercher l'information, faut avoir du tonus, être toujours aux aguets".
--Ah ouais d'accord ! J'avais pas pigé l'truc...Là maintenant, ça devrait l'faire. Merci Monsieur le....Chargé de la Communication de Monsieur le Président de la République française. Voilà ! Oui c'est ça. Excusez-moi."
Parfois, je me demande si on nous prend pas un peu pour des tâches quand même. La gauche, la droite, le milieu, le haut, le bas. On pourrait pas rester en place dix minutes, histoire de respirer ? Pensai-je
"Mais non, pauv'con, fais comme moi, bois Volvic et pars en Egypte avec ta copine !"
mardi 11 mars
Utopie contre profit
Marcher ou crever ? Le commerce comme élément perturbateur dans l'esprit du créateur, à prendre en considération au début de la chaîne ? Sûr que certains objets sont produits pour vendre avant tout, dans le sens de profit comme valeur suprême au-dessus d'un message (autre que le profit) ou d'une forme détachée de la pure idée de séduire par l'objet. Fond, forme, objet. Forme, fond, objet. La forme comme fond. L'objet comme forme. Etc.
Aujourd'hui on peut "distribuer"gratuitement, sans se soucier du commerce, évoluer dans une zone non-commerciale. Se faire entendre, lire, grâce au Web 2.0. Chaque jour on entend telle ou telle personne plus ou moins célèbre se vanter de proposer la gratuité de ses créations. Mais généralement, on voit vite qu'il a déjà beaucoup vendu avant. L'autre formule, c'est le subventionnement, encore faut-il avoir la patience de supporter la lourdeur du système et, au mieux, la longueur du temps d'attribution du financement (quand elle est au rendez-vous). Le plus souvent, le numérus clausus est imposé par des voies détournées. Reste l'échantillon gratuit pour intéresser les professionnels et les passionnés. Mais les résultats sont la plupart du temps médiocres si l'on ne s'épuise pas la santé à frapper aux portes des décideurs pour faire sa pub.
La société est une immense publicité pour le commerce.
Personnellement, je traverse des périodes d'hésitation intense à me demander si je dois choisir l'option amateur éclairé, détaché des basses besognes de l'épicier. Ou rentrer dans le système dominant qui veut qu'on ambitionne la rentabilité du projet. A chaque fois, on peut estimer que tel choix est légitime. Avantage, inconvénient. Réalisme contre utopie. Inégalité des comptes bancaires, ou des mécénats. Ajouter une valeur à son travail en lui donnant une apparence de marchandise, pour qu'elle puisse être considérer et consommer comme telle. L'inverse étant réservé au professionnel déjà établi et son atttitude désinvolte anti-profit. Soit le comble du snobisme et la distanciation. Ultime séduction de la marchandise potentielle que d'être désinteressée. Nous vivons dans un environnement complexe. Aujourd'hui, c'est monsieur profit qui l'emporte. Hier, c'était madame utopie sociale. Dans mon rêve. Jusqu'à ce que ça rechange à nouveau, considérant que les chances demeurent faibles.
Jusqu'où peut-on s'offrir le luxe de croire à un avenir radieux et dégagé de l'argent ? La gratuité m'emmerde quand elle annule aveuglément, sans mesurer les effets, le salaire mérité par l'auteur pour son travail au milieu d'un système centré sur le salaire et que personne ne peut changer. Prédateur cruel et impitoyable, affamé de travailleur généreux.
vendredi 29 février
Illusion parfaite
histoire:Patrick Chour, chimiste-anthropologue se réveille un jour sans trop savoir ce qu'il lui est arrivé. La mémoire effacée, seul un dialogue avec un téléviseur lui permet de conduire un invraisemblable travail d'interprétation de la réalité. Sa rencontre avec Judith à Mexico saura-t-elle lui montrer la voie pour découvrir son passé ? Premier roman de Ruff Thomas, une anticipation sur le dépassement du corps organique. Roman apocalyptique teinté de géopolitique synthétique imbriqué dans une mise en abîme du développement de la technologie. Un conte philosophique sans filet où le vertige existentiel règne en maître. Dans ce court récit, et sur fond de catastrophe climatique et alimentaire, le lecteur prend conscience d'une inversion déjà entamée de l'Homme dans sa représentation informatique.
En 2007, j'ai commencé l'écriture de ce roman qui, de
plus en plus, prenait une place considérable dans ma tête. Les sujets abordés : mémoire, cybernétique, mort. Entendu que, retrospectivement, à l'heure où la masse de livres semble atteindre un
point tel qu'on ne sait plus quoi lire, comme si chaque
aspect de la réalité était capturé dans une publication renvoyant à une
autre jusqu'à l'infini, l'impression un peu désagréable d'avoir
participé à ce brouillard cafardeux me faisait penser que j'avais
peut-être céder à un simple phénomène de mode. Or tout compte fait,
avec le recul, il me semble évident que le fait de s'empêcher de porter
jusqu'au bout un projet de livre parce que beaucoup d'autres l'ont
déjà fait et le feront encore plus dans l'avenir, ne constitue pas un
argument sérieux pour s'interdire de le réaliser ! Car en effet, la
présence d'un fil conducteur précis m'a naturellement conduit à plonger
jusque dans les profondeurs abyssales de mon synopsis et son
déploiement maximal. C'est pourquoi je reste fidèle à l'idée que rien
n'arrête le mouvement d'un livre lorsqu'il représente le meilleur moyen
de saisir une problématique contemporaine, à partir d'un référentiel
intérieur à soi.
Dans le cas de ce roman, j'ai donc essayé d'aborder la
question d'un miroir en trois dimensions englobant le corps dans sa
totalité. Le corps visible et le corps négatif. Le corps face à
lui-même, face à son propre regard piégé dans une copie fantomatique.
Le reflet d'un corps volatisé par sa vitesse de dépassement. Non,
décidément, aucun regret d'avoir fait abstraction du reste.
Reflexion complémentaire
Le Chef-d'œuvre existe-t-il ? Hors critères. survivant par lui-même, hors catégorie, dans le labyrinthe du temps. Qui devra être lu pour comprendre qu'il n'y a rien à comprendre d'autre que sa spécificité de chef-d'œuvre. Voilà une définition possible du chef d'œuvre... lequel, évidemment, n'existe pas ! Ou juste à l'état "préembryonnaire" dans la chimie intime du créateur. Car après, il ne s'agit que d'un besogneux tricotage alphabétique. Tricotage qui s'autonomise jusqu'à trahir ou dans le meilleur des cas, dépasser le résultat attendu.
LIVRE EN IMPRESSION A LA COMMANDE (nouveau paradigme économique)
Etat des lieux sommaire
Florilège d'élucubrations rationnelles en prose commencées vers 1999. Nouvelle, article, journal désintégré. En fait, mon premier livre. Au départ, j'y avais inclus des poèmes, mais que j'aurais finalement édité à part en suivant le conseil d'une personne avisée. C'est important, je crois, de se dire qu'on veut relier des textes de nature différente. Une façon de se dire : "Je passe à autre chose". Donc après, j'ai débuté ma refléxion sur Illusion parfaite.
samedi 23 février
Duteurtre/Houellebecq/Assayas
Trois noms de la littérature française fin de millénaire. Décidément, à force d'y regarder plus près, on s'aperçoit que les critiques assassinent trop souvent les auteurs qui lâchent un peu du leste. Je veux dire, ceux ou celles qui fouillent en eux-mêmes sans faire que de l'exercice de style, ni que de "l'auto-psychanalyse". Mais un mélange des deux subtilement équilibré, affiné, pour que le pathos devienne nectar, moteur esthétique, et non pas vomissure ou son contraire : abstraction inorganique. Autant faire des mathématiques dans ce dernier cas précis.Ou du néo-dadaïsme, mais qui cela pourrait-il encore intéresser ?
Ma bibliothèque préférée fournit donc ces trois auteurs dont la vision accable notre société d'un malaise sidéral. A chaque fois, le gouffre immense, la déception poisseuse, le spleen intolérable, les descriptions suicidaires, presque, d'un désenchantement global. En fin de compte, je n'y vois que de la sincérité. La complaisance, dans leur cas, ferait immédiatement tâche. Comment survivre à 68, à la chute du communisme, à l'économie de marché ? Comment supporter la superficialité, la violence, l'ironie, la perversion ? Peut-être en cherchant une forme d'humour imperceptible qui ressort d'une exacerbation du désespoir, un humour à la limite du nihilisme qui, paradoxalement soulignerait des perspectives. Peut-être. L'exhibition du glauque, l'hyperréalisme outrancier pour en finir avec soi et son éternelle adolescence. En finir avec l'idéal dont on sent qu'il nourrit pourtant un souffle vital. Et pourtant il faut mourir et renaître sans être certain que ce soit mieux. Dénoncer le vide à remplir, chercher les mots, le langage spécifique à soi pour formaliser des angles d'attaque, des représentations, des images. Travailler un texte dans l'optique de photographier sa relation à l'époque, à partir de son expérience et sa projection. Mélanger l'autobiographie avec des pures délires en forme de personnage exacerbés, des situations banales en emblèmes psychologiques, génétiques, musicaux, érotique, économiques...Pour moi, ces trois auteurs forment donc une triade sympathique, à partir de laquelle on sent bien que, pour écrire, il faut avant tout être soi-même. Et de là, peut-être proposer un style...personnel, par la suite automatique.
mardi 12 février
Editeur, un métier inutile
Dans la série :"les métiers inutiles de demain", voici l'illustration du caractère inutile de l'un des plus vieux métier du monde du livre : l'éditeur.
Personnage hautain et dédaigneux, lorsqu'il n'affiche pas un mépris total pour vos créations littéraires, il se réfugie dans une hypocrisie sournoise dont il cultive le secret. Quand il n'en fait pas un acte de jouissance pur et simple. Souvent instruit des dernières avancées scientifiques, techniques et artistiques de la civilisation dans laquelle il baigne, l'éditeur domine du haut de son trône un cheptel de moutons égarés dans le principe de gloire assistée et rapide auquel aspire tout créateur récemment diplômé ou simplement certifié par les myriades de minuscules organismes aérobiques.
Le plus souvent barricadé derrière une éthique de supermarché, l'éditeur prend des risques considérables et s'engage sur tous les fronts. Pourvu que cela reste dans la trajectoire d'une carrière sans tâche en adéquation avec le contrôleur du robinet à sub et son conseiller hautement subversif. De temps à autre, un pavé dans la mare. Le silence fait parfois plus de bruit.
Personnage iconoclaste INDISPENSABLE, doué d'un flair hors pair, l'éditeur, avec ses méthodes télépathiques, dirige l'écrivain dans des régions secrètes dont lui seul possède la clef. Maillon primordial de la chaîne du livre, il sait aussi et surtout faire preuve d'impartialité. Son goût infaillible, endurci par des années de lecture et de création littéraire extrême, lui permet de tenir la qualité exceptionnelle d'une ligne éditoriale totalement moderne. Et qu'il est d'ailleurs incapable de formuler concrètement. C'est cela, l'inspiration de l'éditeur. Autrement dit, un créateur de génie. La gestion comptable en tant que chef d'oeuvre de "littérature plasticienne". Sujet de thèse."Mes principaux lecteurs ? Les contrôleurs du fisc.
-Tu déconnes ? Arrête, j'adore !"
Cuisinant dans sa marmite bureaucratique des recettes alchimiques remettant sur le droit chemin l'écrivaillon stupidement optimiste, l'éditeur séduit, frustre, attire, écarte, décourage l'apprenti sorcier, au nez duquel il brandira d'un air triomphal ou faussement modeste les standards de la VRAIE littérature.
En oubliant toutefois la vérité : qu'un auteur n'a rien besoin de plus qu'un avocat et d'un imprimeur. Le libraire, les profs et le bibliothécaire feront le reste.
Auteurs de tous les pays, unissez-vous et réduisez les intermédiaires !
C'était "les métiers inutiles de demain", le prochain numéro sera consacré aux "coordinateurs en centre d'art contemporain". Bonne soirée sur TVCOOL.
dimanche 27 janvier
Spincity
Ma deuxième nouvelle, écrite en 2008.
Ici, j'ai
développé l'idée d'un texte où se télescopent des fragments de réalité artificielle. Des fragments contrôlées par un système d'achat électronique. Tout un programme.
dimanche 20 janvier
Bret Easton Ellis est-il un génie ?
C
eci n'est pas une chronique. Simple clin d'oeil au petit maître.




C'est aujourd'hui dimanche et quelque chose en moi de littéraire m'oblige à coucher des mots sur mon écran de plastique. Mes carences en chimie m'interdisent de décliner sa composition. D'autres que moi, genre auteur rimbaldien à la dérive, auraient trouvé la force de chercher sur une encyclopédie flottante du réseau intergalactique ou bureautique(adjectif moins excitant, c'est vrai) ; moi, j'ai décidé que c'était dimanche et qu'il fallait pas trop pousser mémé dans les orties.
Donc, en fait, je reprends un peu ce blog, nom bizarre évoquant une vapeur d'alcool. Blooooggg, "Chui allez sur ton bloooggg hier", phrase très à la pointe de la mode culturelle. L'année dernière, c'était : "Moi, j'fais de l'électro". Ou encore, "J'dis pas pour qui j'vote". Soit, je reprends la plume azerty pour déballer mes angoisses, ou de façon moins vulgaire, ma prose alambiquée.
Ce matin en ouvrant les yeux, je cherchais un sujet sur lequel m'épancher. Euréka ! Bret Easton Ellis et son bouquin Lunar Park. C'est pas fantastique, ça ? Un people étasunien bourré de fric avec un métier très identifiable, je veux parler de la catégorie socio-professionnelle des auteurs ou écrivains. Ce milieu professionnel fonctionne comme une gigantesque nébuleuse ou si vous voulez comme une méduse voyageant au gré des catastrophes pétrolières. En haut de la pyramide : les industriels et les Ministres de la communication et de l'intérieur. Au milieu, les poissons-pilotes aux commandes des associations et des PME. Au RDC, les "consumers", les acheteurs-lecteurs abonnés ou pas au distributeurs d'objets quadrilatères plus ou moins volumineux, je veux parler du livre et sa cohorte de techniciens, agents esthètes, mandarins, gigolos. Tous et toutes au service de la pensée et de l'éthique. De la CULTURE. Attention, je marche en terrain miné...
Breat Easton Ellis, si tu me lis, va plutôt sniffer un rail avec Patrick Bateman. Et laisse-moi composer. J'ai pas le temps de jouer au people qui en a marre d'être riche : "Mince,alors je suis riche et célèbre, quel horreur, tu peux pas savoir comme ça craint ! Si j'avais su, j'aurais fait un bac marteau-piqueur, au moins mon papa et ma maman m'aurait pas emmerdé...Quoique". En simplifiant de manière exagéré(honte sur moi) c'est un peu ça le dernier bouquin de Ellis, sauf que je l'ai pas terminé, et là ça craint de dire ça lorsqu'on s'improvise critique littéraire. "ça manque de travail MONSIEUR RUFF !". Mais j'ai tout de même parcouru un tiers du chemin avant le bout de l'ouvrage, appuyé sur le stand des meilleures ventes actuelles de la FNAC. Le Front national de l'art casse-coui...
Dans ce livre, vous apprendrez que le maître déteste son pays et l'industrie capitaliste et que son père manque d'humanité , que la drogue dur ça bousille la santé, que l'argent ça fiche tout en l'air, que l'amour c'est douloureux, que la gloire c'est dur à avaler et que le surmenage ça tue. Jusque-là, rien de bien neuf, sauf que ce petit enfoiré, il écrit bien. Même que c'est sympa à lire. Les phrases sont bien construites : sujet, verbe, complément; avec des adverbes de temps en temps. L'auteur est jeune, riche, célèbre, adulé. C'est la face convoitée du personnage, oui car où est la part de fiction ? Monsieur dit-il toute la vérité ? En revanche, l'autre aspect fait beaucoup moins envie, puisque notre sympathique trublion raconte ses déboires avec la drogue à un point tel qu'on se demande s'il exagère pas un peu. Coma, cure, embrouille avec les dealers. Toute la panoplie du parfait camé passe en revue. On apprend qu'à 22 ans, Ellis passe tous les soirs à la télé et gagne des millions dans des spots de pub. Chouette. Bon. What else ? On finit par se prendre au jeu de l'autobiographie d'un type qui n'est pas heureux d'être riche et célèbre et à qui la paternité pose problème. Genre prise de conscience après grosse période nihiliste décadente jet-set. Strass et paillettes. L'oncle Sam joue t-il encore sur les bons sentiments et la frustration ? Le commerce est-il une science exacte ?
Donc, un livre curieux et sensible, lisible le soir avant de sombrer dans le sommeil ou pendant la pause déjeuner. Le bonhomme fascine tellement il est bourré aux as, et aussi tellement angoissé qu'on aimerait lui payer une séance de psy. N'empêche qu'on a tous et toutes ouvert son première ouvrage publié Moins que zéro, au passage un très bon roman, sorti en 1985, et un aussi chef d'œuvre de commercialisation. Un point intéressant est justement ces détails à profusion sur les coulisses de la grosse édition étasunienne.
Maintenant ma conclusion tant attendue et néanmoins insuffisante, avant le spot publicitaire : "Ecorché du citron, Ellis est un petit génie de l'industrie du livre, avec un très sérieux bagage d'auteur. Et aussi un grand connaisseur de paradis artificiels pour aller droit en enfer. Pour plusieurs saisons, et dans son cas, forcément littéraires".
Merci, à vous Cognac Jay.
http://www.randomhouse.com/kvpa/eastonellis/
mercredi 12 septembre
Entretien avec Michel Meyer
En Septembre, j'ai répondu aux questions de Michel Meyer, écrivain, poète et réalisateur. Finalement, je crois que cet entretien résume assez bien mon état d'esprit. Dois-je m'en inquiéter ?
http://unjoursurterre.hautetfort.com/approches_de_l_alterite/
dimanche 15 juillet
Le pont entre le son et l'image
Aujourd'hui, j'ai traversé à vélo un pont en acier ultra-moderne qui débouchait sur une plage tout en imaginant ses constructeurs le manipuler en 3D sur leur ordinateur. La difficulté de réaliser un tel ouvrage. L'énergie deployée pour le faire exister. Un sentiment étrange de vide heureux émanait ainsi de cet édifice inopiné et l'après-midi coulait comme un jus de framboise; je me sentais très reposé. Une heure après, assis à une table dans la pénombre d'un bar en longueur (l'Odyssée), je regardais de côté, à travers une vitre, le déroulement silencieux d'un film dont je voyais les sous-titres. Un film de Ken Loach plus exactement. Maintenant quand j'y repense, ma situation à ce moment-là ressemblait à mon état d'esprit sur le pont, lorsque je dévalais la pente sur mes deux roues face à quelques piétons nonchalants enivrés par la perfection mathématique des formes ondulées de l'édifice. A travers l'épaisse vitre, les sous-titres du film défilaient dans un contexte où le son n'ajoutait plus rien à la beauté des images. La sensation d'être alors au milieu d'une zone, sur une limite invisible mais résistante à toute volonté de partir ailleurs qu'ici ; où le mouvement des choses s'équilibre dans l'incomplétude et la satisfaction de ne pas demander plus. C'était bien de ne pas vouloir plus de précisions. Bien d'être simplement là et de savourer l'action, avant la suivante que je ne cherchais surtout pas à anticiper.


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